Le grand sud.

Après trois jours à Hiroshima, c’est déjà l’heure de partir. Ma valise bouclée et après avoir un peu trainé dans la salle de séjour avec le sudiste bien bavard et deux canadiens, je fais vite fait le check out et me dirige une dernière fois vers la station de tram de Dobashi pour aller à la gare d’Hiroshima pour prendre un train pour ma prochaine destination, l’île de Kyûshû et plus précisement Kagoshima, une grande ville bien au sud, juste avant Okinawa.

Cette fois mon train est direct et est même terminus à Kagoshima-Chûô, la gare où je dois me rendre. En plus je suis côté fenêtre, je pourrais donc à la fois être tranquille et pouvoir profiter du paysage, bien plus rural après Hakata, donc j’en profite pour continuer de rattraper mon retard en travaillant sur mes photos. Chose amusante, les annonces se font aussi en Coréen et Chinois, une fois arrivé sur Kyûshû. Cette fois, je n’attends pas pour me prendre à manger et je me prend le seul Bento qui est vendu.

Presque trois heures plus tard, j’arrive donc à Kagoshima. Première chose que je remarque en sortant du train, il fait plus chaud qu’à Hiroshima. Plus je vais dans le sud et plus le temps est meilleur.

En sortant de la gare, j’ai comme un air de déjà vu, j’ai un peu l’impression d’arriver à Tokushima, sur l’île de Shikoku, Kagoshima a l’air d’être le même genre de ville, c’est une grande ville, mais rien à voir avec Osaka ou Hiroshima, là on est bien dans une ville de campagne et il y a des choses qui me le prouveront plus tard en me baladant. Bref, je cherche le tram qui me mènera près de mon hôtel (et oui, c’est fini les auberges de jeunesse) et finis par demander au chauffeur du premier qui passe s’il va à Takamibaba et c’est bien le cas. Le trajet est bien plus court qu’à Hiroshima, mais légèrement plus cher. Je ne tarde pas à trouver le Area One, qui est très proche du grand carrefour où j’arrive et bien sûr je suis là légèrement trop tôt pour pouvoir faire le check in. Pas grave, je ressors mon ordi en attendant, j’apprendrais un peu plus tard que je ne peux pas utiliser le wi-fi, puisque payant, ce qui explique pourquoi, je n’ai pas donné signe de vie depuis deux jours (enfin si j’ai du Wi-fi à Fukuoka, ce dont je ne suis pas sûr à l’heure où j’écris ces lignes).

Ensuite, après le check in, je retourne à la gare, mais cette fois à pied, c’est pas trop long à faire sans valise et puis ça me permet d’avoir un premier contact avec cette ville et même Kyûshû tout court puisque c’est la première fois que j’y pose les pieds. Deux choses que je remarque et qui font que cette ville est classe avant que je la connaisse, il y a des affiches de Kashiwagi Yûki, une des AKB48 les plus célèbres (même si bon le yukata, c’est pas vraiment le résultat que j’aurais trouvé à l’addition Yûki+mer ;op) et une musique de Sonic Adventure retenti (celle du jardin des chaos plus précisément) devant un magasin de la gare, dont la sortie donne sur l’extérieur, donc on l’entend bien.

Comme à chaque fois que je débarque quelque part, je récupère un plan pour pouvoir me diriger dans la ville et situer les endroits où je veux aller. Cette fois, j’ai pas spécialement d’endroits que je veux voir, j’avais de quoi caser deux séjours à Kyûshû, donc j’ai choisi cette ville à cause du volcan et du fait que c’est bien au sud. Je demande aussi si le Sakurajima (le volcan en question) est visitable. Il me semblait que non, mais en fait c’est le cas, donc j’ai déjà un endroit à voir.

Je me pose pour voir ce qu’il y a d’intéressant et trouve un parc assez grand, donc « va pour le parc » et le reste du temps, je me contenterais de flâner pour découvrir la ville . Ce que je ne tarde pas à faire puisque avant de me rendre au parc, je pars vaguement en direction de ce dernier sans consulter mon plan.

J’y parviens plus tard en ne prenant pas le chemin le plus facile et je me dirige vers l’observatoire pour avoir logiquement une jolie vue sur la ville. Sur le chemin, j’ai pu remarquer que la végétation du parc n’avait rien à voir avec ce que j’avais vu jusque-là, on a vraiment l’impression d’arriver dans une jungle avec des arbres assez vieux et donc immenses.

A peine suis-je arrivé au niveau de l’observatoire que je me fais aborder par un petit vieux qui me demande d’où je viens. Dès que je lui dis d’où je viens, il me dit qu’il est allé en France et sans transition se met à me parler de la ville, il m’invite à m’approcher de l’observatoire, qui a une sacrée vue sur la ville et en arrière plan l’immense Sakurajima, pour me raconter l’histoire de tous les lieux importants de la ville, tout en me les montrant puisque tout est sous nos yeux.

J’ai un peu de mal à suivre parce qu’en plus de mon petit niveau d’anglais, il a un accent spécial qui fait que j’ai un peu de mal à tout comprendre, mais le peu que j’ai compris était intéressant. J’aurais clairement pas le temps d’aller voir tous les lieux qu’il m’a décrit, mais à défaut, je profite d’avoir une personne qui connait bien la ville pour voir quelles en sont les spécialités. Visiblement c’est le ramen, mais parmi les plats dont il m’a parlé, il y a le shabu shabu, que je connais de nom, mais que je n’ai encore jamais goûté, donc je vais voir demain si je peux trouver un resto dans la zone qu’il m’a montré.

Après cette longue discussion, je finis par redescendre pour retourner à l’hôtel, je prend un chemin différent cette fois, en arrivant près de zones pavillonnaires, puis dans une grande artère un peu comme Shijô à Kyôto, avec une tonne de boutiques et restaurants en tout genre et une architecture assez originale. Je découvre aussi plus loin une galerie commerçante couverte que j’aimerais avoir le temps de visiter plus et je finis par passer par un Konkini, qui sont assez grands dans le coin d’ailleurs, avant de rentrer à l’hôtel.

J-Hoppers: Hiroshima.

La première fois que l’on arrive dans cette ville, il faut reconnaître que c’est pas évident de la trouver cette auberge de jeunesse. Il faut passer par un tramway et aller assez loin, puis essayer de se repérer dans les petites rues d’une ville qu’on découvre à peine. Mais, une fois installé, il faut aussi reconnaître qu’on est très bien situé dans la ville. On a les monuments historiques, à voir absolument pour sa culture personnelle, à quelques minutes à pied et pour aller plus loin il y a le choix. Soit on prend le Tram juste à côté pour aller jusqu’au port, qui lui-même mène à Miyajima. Soit on a la possibilité de louer des vélos à la journée, en s’y prenant bien (pas comme moi), et là, c’est une grosse partie de la ville qui peut être parcourue.

En ce concerne l’auberge de jeunesse elle-même, c’est du grand classique que l’on retrouve, on a la possibilité de stocker ses aliments dans un frigo commun (donc ne pas oublier d’utiliser le marqueur pour marquer son territoire, il faut) et il y a une cuisine au même endroit pour ceux qui ont plus de temps pour se faire leurs propres plats. Il y a un espace « salon » vaguement décoré à la japonaise, que je trouve moins joli que celui de Tour Club, et la possibilité de se servir de PC (le wi-fi est d’ailleurs gratuit pour ceux qui ont leur propre PC portable), mais perso j’utilisais la terrasse au même étage (le RDC), qui devait servir d’espace fumeur, pour me restaurer. D’abord parce que ça donne sur l’extérieur (et que j’aime ce genre de coin la nuit) et aussi parce que j’étais au calme (le salon étant vraiment bien fréquenté le soir). Je logeais au premier étage, donc je ne connais pas les étages supérieurs, mais ayant déjà logé dans un autre J-Hoppers (celui de Kyôto), je me doute que ça doit être construit sur le même modèle. En tout cas, les chambres sont quasiment les mêmes que celles que j’ai connus à Kyôto, les prises par personne étant assez nombreuses pour qu’on ne se gène pas les uns les autres quand il s’agit de recharger ses appareils électroniques. Les espaces de rangement que je n’ai pas connus jusque-là, étaient les bienvenus, avec la possibilité d’avoir sa valise assez près de soi pour ne pas se retrouver à révéler son contenu quand on ne le souhaite pas. Petit point négatif quand même, mais c’est surtout dû à la configuration des lieux: c’est les douches vraiment pas nombreuses par étages (deux si ma mémoire est bonne) et comme on devait être une bonne vingtaine en tout (en comptant les chambres individuels et la chambre à l’autre bout de l’étage), c’était un peu la bataille le soir.

Enfin chose importante, donc je n’ai pas assez parlé, c’est le personnel. On est au Japon, donc ça n’est pas surprenant de dire qu’ils sont accueillants, mais eux, et ceux de toutes les auberges de jeunesse que j’ai fait en général, le sont plus à mon sens. Ils sont évidemment professionnels dans ce qu’ils font, mais ils créent une relation avec leurs clients plus proche d’une relation amicale que celle plus professionnelle de gérant/employé d’auberge face à leurs clients. En plus de ça, je sais pas si c’est spécifique au sud du pays, mais je les trouve plus détendus et relax que la plupart des japonais.