Portree in the Skye.

Comme à mon habitude, je fais mon check out assez tôt et j’arrive bien en avance à la gare routière pour prendre l’unique bus qui me mènera jusqu’à l’île de Skye.

Le trajet se fait assez vite ; trois petites heures, dont une partie à traverser l’île de Skye, qui s’annonce comme une des plus belles destinations en écosse pour moi, vu tous les paysages magnifiques que j’ai traversé.

 

Arrivé à destination à Portree, la ville principale de cette grande île, je ne mets pas longtemps à parvenir jusqu’à l’auberge de jeunesse où je vais loger pendant les trois prochains jours, puisque je l’ai vu sur le chemin.

Malheureusement, j’arrive trop tôt pour faire le check in, mais j’ai pu déposer mes bagages dans un coin du hall en attendant et je suis ressorti direction l’office du tourisme. Comme pour Fort William, rien ne vient perturber mon programme, les deux endroits conseillés par mon guide que j’ai sélectionné sont accessibles par bus et me laissent une assez longue fourchette d’heures pour faire ce que je veux.

 

Comme il est toujours trop tôt pour aller faire le check in, je fais un petit tour de la ville juste pour me repérer, vu que j’ai oublié mon appareil photo dans mes affaires et j’en profite pour aller me faire un resto, en continuant de constater au passage que les italiens s’acharnent à rester premiers dans le classement des pires touristes selon moi.

Je me prend un plat à base de burger fait maison et de frites, et pour finir une petite part de gâteau au chocolat succulente en dessert (je posterais le tout sur Instagram avec les quelques autres photos que j’ai déjà pris avec mon smartphone quand je récupèrerais le net gratuit). Je pense que j’y retournerais avant de partir parce que j’ai vu qu’ils faisaient une des spécialités écossaises les plus connues, que je me dois de tester, le Haggis.

 

Une fois le resto fini, je retourne à l’auberge pour aller faire mon check in, je rassemble les affaires dont j’ai besoin et je ressors faire un vrai grand tour de la ville. Bon, au vu de la taille de la ville, qui est un peu plus grande que Tobermory, ça ne se fait pas en beaucoup de temps. Le centre ville où je loge se trouve légèrement en hauteur, il y a une rue proche de l’artère principale de Tobermory avec ses maisons à couleurs vives et le reste de la ville est juste un grand quartier pavillonnaire pas très intéressant à visiter.

Sur la fin, je me suis rapproché de la seule zone où l’on pouvait accéder à la mer et avant de rentrer je suis allé faire un petit tout à la Co-operative food où j’ai pu retrouver la boisson dont je commençais à être adict et qui n’est que dans cette chaine de magasin; le jus de Cranberry & Raspberry (non, non le Dr Pepper c’est surfait).

Bank Street Lodge.

Pour l’emplacement de l’auberge de jeunesse, si on prend bien la peine de passer par les rues les plus basses de la ville, on peut y être vite, contrairement à moi, qui suit passé par les hauteurs et qui me suis compliqué la vie.

L’auberge en elle-même offre le même type de services que toutes les autres auberges, le frigo est peut-être un poil trop petit pour contenir tout ce que l’on peut y stocker, mais la cuisine en elle-même offre au moins le strict minimum, la salle en commun permet en plus d’y manger, de se voir des DVD, lire des libres, voir quelques infos sur le coin et sur le Loch Ness, et il y a aussi une borne d’un jeu sur la Famille Adams, dont je n’ai pas compris le principe.

 

Comme d’habitude, côté points négatifs, la douche en prend toujours pour son grade, mais bon quand on a la place de faire des vraies cabines et que l’on fait juste des rideaux qui séparent les trois espaces pour prendre sa douche sans rien pour poser ses affaires, faut pas s’étonner que ça plaise pas à tout le monde. Autre point négatif, le nombre de clefs par chambre qui pose vraiment problème quand les trois personnes qui sont dans une chambre ne se connaissent pas et vivent chacun de leur côté comme ce fût le cas le deuxième jour pour moi où je me suis retrouvé sans clef (puisque arrivant en dernier à l’auberge pour pouvoir la récupérer à l’accueil) et étant dépendant des deux autres, qui « heureusement » ne verrouillaient pas la porte.

Dernier point négatif pour moi, c’est au niveau du service de lavage d’affaires, qui aurait pu me perdre un gant de toilette si je n’avais pas vérifié mes affaires et qui m’ont paumés (ou juste jetés bêtement) les sacs plastique qui me servaient à tout transporter. Du coup, j’espère ne pas avoir à me déplacer hors de la prochaine auberge la prochaine fois que j’aurais besoin d’accéder à une machine à laver parce que ça risque d’être difficile.

 

Du côté du personnel, ils sont globalement aussi accueillants, sympathique et tout et tout que tous les autres écossais que j’ai croisé. Rien de particulier à signaler de ce côté-là.

Pas si fort que ça William.

Malgré la journée épuisante d’hier, j’émerge à la même heure que d’habitude et je ne sors pas trop tard.

Comme je ne suis pas complètement remis, je décide de commencer doucement en allant visiter un peu la ville et je me rapproche vite des bords du Loch Linnhe. Tout en longeant le lac, je me dirige vers la gare routière de Fort William pour aller voir le « site du vieux fort » qui donne son nom à la ville, mais il n’y a quasiment rien à voir : un bout de muraille et le centre est même complètement inondé par le lac.

Je poursuis ma route par le Great Glen Way, histoire d’y faire une balade, le sentier commence juste à côté du Mac Do, qui est lui-même à deux pas de la gare. Le sentier en lui-même change pas mal au début en passant d’un chemin de terre à une route bétonnée qui passe entre des pavillons, puis redevient plus sauvage pendant un long moment. J’ai ainsi le loisir de pouvoir longer et admirer une autre rivière qui vient se jeter dans le lac.

Au bout d’un moment, j’arrive à un endroit qui me laisse deux choix, soit tourner à droite et passer sous un pont pour aller voir un château, soit continuer tout droit et passer par un pont pour poursuivre mon chemin sur la Great Glen Way. Je choisis la seconde et remets la première à plus tard.

Au final, je ne poursuivrais pas longtemps la route puisqu’après le pont j’arrive au niveau d’un grand quartier pavillonnaire, celui de la ville de Lochyside pour être précis et comme la balade m’intéresse beaucoup moins, je finis par rebrousser chemin jusqu’à l’intersection qui me permettait d’aller à un Château.

Je prend donc la direction du Château d’Inverlochy ou plutôt de ses ruines. Heureusement, il y a déjà plus à voir qu’à Fort William. Ses remparts sont quasiment intacts, les tours de chaque côté sont par contre presque complètement détruites et on ne peut visiter aucun intérieur, puisqu’il n’y en a pas.

La rapide visite faite, je continue de rebrousser chemin en en empruntant un autre. J’espère tomber sur le site de la Bataille d’Inverlochy, qui doit être un lieu important s’il est marqué sur ma carte, mais je ne le retrouverais jamais et je finis par arriver à mon point de départ. J’en ai profité pour aller tester un MacDo écossais avant de rentrer à mon auberge de jeunesse en allant faire mon traditionnel tour par la supérette du coin sur le chemin.

Ben Nevis ou le Mordor écossais.

Après une journée à ne pas faire grand chose, il était temps que j’aille vraiment visiter le coin et c’est ce que j’ai eu l’intention de faire aujourd’hui grâce aux petites infos que j’ai glané hier.

Départ est donné à l’ouest de la ville où je dois rejoindre la célèbre West Highland Way (à peu près 150 km, que je ne ferais pas bien sûr), qui finit en plein milieu de la ville. Le début n’a pas l’air transcendant, c’est une banale route de montagne avec un trottoir d’un côté pour les piétons. On a fait mieux en lieu de balade, mais je m’y attendais plus ou moins puisque c’était conseillé sur le net d’aller quelques stations plus loin en train pour vraiment en profiter, mais comme je voulais aller au mont Ben Nevis, j’ai choisit sciemment d’ignorer le conseil.

La suite n’est guère mieux, même si j’ai droit à une petite feinte assez vite avec un petit chemin de terre qui mène sur la rivière qui longe la West Highland Way. Au final, j’arrive au pied du Ben Nevis, le plus haut mont d’Ecosse, je sais d’avance que je n’arriverais pas à son sommet (le guide que je possède indique que la partie la plus haute est faite pour les randonneurs un minimum expérimentés), mais je me dis qu’à défaut je pourrais tenter d’aller le plus haut possible.

Sur le plan placardé à l’entrée d’un pont suspendu, je vois à quoi peut ressembler le chemin pour faire l’ascension et je me donne comme objectif d’atteindre le point C, et si je me sens d’attaque d’aller pourquoi pas au point D (le reste me semblant trop difficile à faire vu le relief).

Le début se fait en douceur, puisqu’après avoir traversé le pont suspendu, on emprunte un chemin qui passe entre deux champs où se baladent des moutons. La seule chose particulière à cet endroit, c’est la gadoue, qui est heureusement évitable. La suite se corse un peu, ça grimpe plus, mais le chemin étant relativement bien entretenu, ça passe, et au passage, je vois une équipe de trois personnes, dont un foufou qui a l’air de se faire filmer. Au fur et à mesure de l’ascension, le chemin se fait progressivement de plus en plus difficile, le tout alterne entre escaliers de pierre plus ou moins structurés et mini ruisseaux qui inondent plus ou moins le chemin. De temps en temps, il y a même quelques cascades qui passent au milieu de la route.

Au moment de ma première pause, sur un, plus ou moins, banc, je suis rattrapé par le foufou (suivi par les deux autres personnes), qui tient un appareil photo sur mini tripode en guise de caméra et qui a l’air de tourner une émission. Je comprend par trop ce qu’il se passe à ce moment, mais dans le peu que je comprend, il fait de la pub pour le mont et son ascension, il vient se coller à moi en essayant de savoir qui je suis et me pose d’autres questions que j’ai plus en tête et que j’ai pas complètement compris. Il me fait des high five et prend un selfie avec moi. Juste après la fin de la séquence, la nana qui est avec eux, me dit qu’ils sont de Channel 5 et me demande l’autorisation pour être/avoir été filmé (que j’accepte contrairement à France 2, parce que je sais que je me verrais pas et de toutes façons avec ma dégaine à ce moment-là, il y a peu de chance que je passe dans leur émission) et me filme avec son smartphone en me demandant en gros qui je suis.

Je les laisse passer devant et je reprend l’ascension un peu plus tard. Ca devient de plus en plus difficile pour moi, la fatigue devenant de plus en plus intense, mais je finis par arriver sur un plateau avec un joli petit lac et à ma droite le sommet qui me nargue toujours avec son physique Mordorien. Je pensais arrête à ce niveau, ne sachant toujours pas où je me trouvais par rapport au plan, mais comme la suite avait l’air encore accessible, j’ai fini par me décider à continuer encore un peu, histoire d’avoir une encore plus jolie vue des environs.

Après la partie « relativement » facile où je retrouverais le foufou de Channel 5, qui avait visiblement prévu mon arrivée puisque j’arrive pile pendant qu’il tourne une autre séquence, ça se corse encore avec un chemin plus accidenté et en partie en travaux (manuels). La suite va signer l’arrêt de mon ascension, déjà parce que le chemin devient un tapis de pierres, que je commence à flipper pour le retour, vu mon état d’épuisement, si je continue et que le temps passant, il commence à se faire assez tard pour envisager une descente pour ne pas arriver trop tard en ville.

Bien que légèrement plus rapide, la descente s’est quand même révélée longue, harassante et vraiment pas facile, je me dis que j’ai bien fait de choisir ce moment pour descendre parce que je puise vraiment dans mes dernières réserves pour la faire et que ça aurait pu être dangereux si j’avais continué malgré le fait que le sommet semblait vraiment près d’où j’étais. Si j’avais été plus sportif, je pense qu’il me restait pas beaucoup plus d’une heure pour y arriver (sachant que je suis parti vers 11h30, que j’ai arrêté l’ascension vers 14h30 et que je suis arrivé en bas un peu avant 18h).

Bref finalement après être arrivé en bas entier et m’être reposé pendant un petit moment, je reprend la route le long de la West Highland Way et rentre à Fort William, en passant par le supermarché du coin pour acheter à manger avant de rentrer à mon auberge de jeunesse.