Sea, fish and rain.

On reprend les mêmes et on recommence, retour au même endroit de Tobermory pour prendre un bus, mais cette fois en s’arrêtant plus tôt, à la station Fishnish Ferry Terminal. Pour ne pas rester dans ce trou perdu composé d’une maison, d’un entrepôt et d’un quai pour un seul ferry, je me donne trois heures (jusqu’à l’arrivée du bus suivant) pour en faire le plus possible et ce que je viens faire dans le coin, c’est une balade sur le lieu que je cherchais à atteindre hier (même si là je me retrouve à l’autre bout du sentier).

Pour rejoindre l’entrée, je dois remonter un peu la route d’où je suis arrivé avec le bus et une fois là-bas, je démarre par la première partie du sentier, qui se compose d’une boucle (la seconde partie se trouve de l’autre côté de la boucle et est un sentier qui longe la côte jusqu’à un autre trou perdu, non desservi par les bus), que je ne ferais qu’à moitié pour me réserver la seconde partie pour le retour.

Le sentier en lui-même est assez large et plutôt plat, et il se parcourt assez vite. Rien de transcendant pour l’instant. J’arrive ensuite à l’entrée du second sentier, le chemin se rétrécit vite, il devient plus sauvage, mais pas difficile à parcourir pour autant. A ce niveau, on marche littéralement sur un tapis de verdure et écosse oblige, on peut sentir à certains endroits que la terre est imbibée d’eau, il y a même de la gadoue, heureusement évitable et beaucoup moins salissante qu’à Ben Lomond si on ne fait pas n’importe quoi.

La première partie se fait majoritairement proche des arbres avec une vue par moments du côté de la mer. On finit assez vite par arriver au milieu du petit paradis isolé du reste du monde par les arbres et avec un tapis de mousse bien vert de chaque côté du sentier, et à la fin un petit portique en bois légèrement incliné. Sur la seconde partie de ce sentier, la végétation devient plus clairsemée côté mer et je m’en rapproche de plus en plus même. Enfin, j’y arrive, même si pour vraiment l’atteindre, il aurait fallu que j’ai des bottes et c’est d’ailleurs ce qui m’arrêtera plus tard puisqu’il y a une zone bien inondée. Du coup je reviens jusqu’au banc qui est proche de la plage de galets, pour profiter un peu plus du paysage pendant le temps qu’il me reste et je continue de rebrousser chemin jusqu’à revenir au niveau de la boucle. J’y croiserais le seul promeneur que j’aurais vu de la matinée et sur la fin, je retrouve même un autre endroit paradisiaque.

Pour une fois, je n’ai pas eu à attendre plusieurs heures avant d’avoir mon bus et de retour à Tobermory, je profite d’avoir de bonnes économies les premiers jours pour aller me faire un restaurant, avec une carte de plats forcément en rapport avec les poissons. Je me prendre un plat à base de salade, Haddock pané et frites, accompagnées de leur sauce tartare, et pour finir un petit milkshake d’Oréo.

Une fois bien rassasié, je profite qu’il n’est pas tard pour aller faire une balade du côté d’un sentier que je n’avais pas repéré avant. Le chemin longe la côte et pars vers les hauteurs pour finir par redescendre du côté d’un lac peu fréquenté. J’ai à peine le temps d’en faire le tour que le temps, ensoleillé jusque-là, m’abandonne et au fur et à mesure que je rebrousse chemin, l’averse se fait de plus en plus intense et j’arrive complètement trempé à l’Auberge de jeunesse.

SYHA Tobermory.

Tout d’abord, en ce qui concerne l’accessibilité, c’est pas vraiment l’auberge en elle-même, qui se trouve sur la route principale de la ville, qui est plus ou moins difficilement accessible, mais la ville en elle-même selon d’où vous avez pris votre ferry.

Auberge de jeunesse oblige, le confort est aussi minimal que possible, et celle-là se situe de ce côté-là dans la moyenne de celles que j’ai fait jusque-là. Il y a une cuisine/salle en commun bien équipée et le frugal Breakfast n’est pas mauvais. Quelques petits détails me chiffonnent par contre, c’est l’emplacement des toilettes et des douches. L’une se trouvant sur le palier du premier étage à l’extérieur côté « jardin » et l’autre c’est les douches, qui sont à côté de la réception, que l’on atteint en sortant du même côté et en allant au rez-de-chaussée. L’une des deux a même été placée du côté d’un ensemble de lavabos et toilette sans rien d’autre qu’un rideau de douche vaguement opaque pour la séparer du reste (bonjour l’intimité).

Du côté du personnel, c’est du pareil au même qu’avec ceux de Balloch, des écossais tout ce qu’il y a de plus normal, sympathique, accueillants et toujours à l’écoute et patient avec leurs clients.

L’appel du château

Après un petit breakfast des familles, je reprend le même bus qu’hier pour retourner à Craignure. Une fois sur place, j’essaye d’aller à un des deux lieux que je pensais accessible à pied, mais c’est pas le cas puisque soit je me retrouve sans trottoir et ça devient dangereux, soit j’arrive à un gros cul-de-sac.

Du coup demi tour vers Craignure, je récupère à manger sur le chemin et je cherche le second, qui est Scallastle, le plan que j’ai n’est pas très clair sur l’endroit où se trouve l’entrée, donc je vais demander mon chemin aux deux rares personnes qui sont dans le coin. L’un des deux finit par comprendre le plan et m’indique mon chemin. L’entrée se trouvant pas très loin de l’endroit où je m’étais arrêté quand je cherchais à aller au premier lieu, c’est donc reparti pour un tour.

 

L’entrée n’est pas vraiment rassurante pour la suite puisque tout à l’air en travaux, même s’il n’y a personne à l’horizon. La suite ne l’est guère plus, le chemin ne faisant vraiment pas chemin de randonnée avec ses traces de camion de chantier, mais je tente quand même (c’est pas comme si j’avais autre chose à faire). Je finis par arriver du côté d’une construction en chantier avec plusieurs panneaux qui n’inventent pas à continuer, mais comme il n’y a toujours personne à l’horizon, je vais un peu plus loin jusqu’à voir trois quatre personnes, dont une qui conduit une pelleteuse. L’un d’eux a l’air de me faire signe de loin, mais je ne suis pas sûr et comme je pense ne pas être autorisé à entrer, j’attend qu’une autre personne vienne vers moi. Je lui demande si on est bien au Scallastle et je pense que si c’est le cas, il me dira que le chemin est bloqué parce que tout est en travaux. Mais surpris, j’apprend que je suis bien au bon endroit et il demande même au type qui est dans la pelleteuse de s’arrêter un instant le temps que je passe.

 

La suite de la route change complètement, je suis vraiment dans un chemin de randonnée et le paysage n’est plus le même, donc je poursuis ma route. Même si à ce niveau, je suis quasiment au milieu du tracé fait sur mon plan, c’est vraiment là que ça commence et en douceur avec du quasi plat. Je me dis qu’à cette allure, ça va être vite fait et que ça mérite pas son macaron difficile. La suite est déjà un peu plus physique, ça commence à grimper et j’ai même une petite descente avec de la caillasse. Ca se complique encore après avoir passé le premier pont, qui fait parti de la boucle que l’on est censé faire au bout de la longue ligne droite, ça grimpe encore plus, il y a de plus en plus de caillasse et de l’eau fine coule en plein milieu. Là où ça devient vraiment difficile pour moi, c’est quand j’atteins le second pont. Juste avant, c’était bien joyeux parce qu’il y avait une zone inondée, avec assez d’eau pour tremper ses chaussures, mais après c’est à la côté la plus raide du coin que j’arrive et c’est pas que de la caillasse qui m’attends, mais des cailloux plus ou moins gros qui peuvent faire bien mal si le tout glisse en même temps.

Heureusement pour moi, ça a tenu le temps que j’atteigne le point culminant de ce chemin de randonnée, même s’il n’y a qu’à la fin de la boucle que je l’ai compris. Pas le temps de se poser un instant puisque le soleil, qui avait été avec moi depuis le début de la journée (enfin!), commençait à se faire la malle et comme je ne savais pas ce qu’il m’attendait ensuite et que j’avais un peu peur que ça devienne dangereux s’il y avait le même type de chemin, mais en plus glissant à cause de la pluie, je ne suis pas resté longtemps.

La suite a été plus calme, c’était que de la descente, mais sur un chemin complètement différent, tracé à la va-vite au milieu de la végétation plus présente ici et au bout, c’était la fin de la boucle et le retour au point de départ plus tard. Jusqu’au chantier, je me suis arrêté sur une table de pique nique pour me reposer un peu, manger un petit quelque chose et admirer le paysage. Comme je savais à quoi m’attendre, le passage au niveau du chantier s’est vite fait, l’un des ouvriers a fait stopper un instant la pelleteuse et m’a invité à passer, ce que j’ai fait en les remerciant. De retour à Craignure, il ne restait plus grand chose d’autre à faire qu’attendre le prochain bus et comme il n’y en a pas tous les cinq minutes, j’ai aussi essayé de m’occuper en parcourant la ville, ce qui se fait très vite vu sa taille.

 

Finalement, plusieurs heures plus tard, j’ai pu prendre un bus pour rentrer, et avant de rentrer, j’ai refait un tour à l’office du tourisme pour obtenir un renseignement pour préparer la journée de demain.

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L’enfer avant la pluie.

La journée qui devait s’annoncer infernale est finalement arrivée. Départ pour une nouvelle destination oblige, c’est tôt le matin que je fais mon check in, après un rapide Breakfast, et que je démarre le parcours de l’enfer pour rejoindre la station de bus à l’autre bout de la ville.

 

Heureusement le soleil est avec moi. La remontée de l’artère principale de la ville se fait tranquillement et passé un rond point, je démarre l’ascension de la côté infernale avec ma grosse valise, ça commence doucement, mais plus on monte, plus la côte est raide et je finis tant bien que mal à rejoindre ce qui doit être une nationale ou une départementale et à atteindre l’arrrêt de bus malgré le trafic. Tout va bien, j’ai une heure d’avance, donc largement le temps de me reposer avant l’arrivée du car. L’heure passe vite et il est 9h13, le car n’est pas encore là. Je me dis qu’il est en retard, donc je ne balise pas et c’était ça d’ailleurs parce qu’il arrive une bonne vingtaine de minutes plus tard.

 

Le trajet jusqu’à Oban se fait plutôt tranquillement avec de très beaux paysages verts sur le chemin. Arrivé à destination, je trouve tout de suite le ferry pour Craignure, sur l’île de Mull, grâce au chauffeur. Tout se goupille bien puisque j’ai à peine acheté mon billet aller retour que l’on peut déjà embarquer dans le ferry. Je profite de la traversée pour me balader dans le Ferry, qui est un vrai Ferry. Grand, avec une partie complètement isolée de l’extérieur où l’on trouve même un mini-konbini, une boutique de souvenirs et deux cafettes, et une autre à l’extérieur qui permet d’avoir une jolie vue sur les environs et de se prendre de bonnes bourrasques au passage.

Là encore, une fois arrivé à Craignure, tout se goupille très bien puisque le bus que je dois prendre pour Tobermory, ma destination finale, est là et j’ai juste à faire la queue et à acheter mon billet avant son départ. J’arrive finalement à Tobermory, une ville encore plus petite que Balloch, mais qui fait moins cambrousse que Craignure, avec ses deux trois maisons au kilomètre carré. Je suis là aussi en avance (ou plutôt c’est eux qui font leur check in tard), donc je patiente comme je peux, je rencontre même la star locale, un chat roux, qui squattait la salle en commun de l’auberge de jeunesse et fini par sortir.

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Une fois le check in fait, je sors au « bon » moment pour me prendre une bonne averse, mais c’est pas ce qui m’arrête pour aller à l’Office du Tourisme. La malédiction continue puisque les deux lieux que j’avais noté pour faire de la randonnée pendant les deux prochains jours sont totalement inaccessibles en bus. Du coup, j’improviserais au jour le jour avec les recommandations de lieux à visiter (accessibles en bus eux) que m’a fait la personne de l’Office.

L’averse n’aura pas durée longtemps finalement et j’en profite donc pour faire un tour de la ville. Je commence par longer l’artère principale, qui est le long de la mer (donc autant dire que ça aurait pu être génial si j’avais pu avoir une vue de ce côté dans ma chambre), et je finis par aller plus en hauteur où mis à part la vue, il n’y a pas grand chose de plus à voir.

Finalement, avant de rentrer, je file faire un tour du côté de la co-opérative (à défaut d’avoir un konbini) pour aller me chercher à manger.

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