L’art électrisant du vélo.

Nous voilà donc deux jours après le dernier article. Mon dernier jour à Osaka a été un jour off où je suis seulement sorti pour aller manger et faire un tour au Super Potatoe (un magasin connu, enfin surtout celui de Akihabara, de jeux vidéos anciens) pour faire des achats (voir Instagram). Le second, j’ai fait le trajet jusqu’à la ville de Okayama où j’ai été bloqué par le check in tardif, mais j’ai quand même pu prendre le temps d’aller visiter un centre commercial immense, histoire d’échapper à la chaleur caniculaire qu’il fait depuis deux jours.

 

Aujourd’hui, j’ai entrepris une visite hors de la ville. La première étape était d’arriver à la station de Uno. Ca semblait simple à la base. Je me disais qu’un train y allait directement, mais j’ai eu la bonne idée de demander mon chemin à quelqu’un sur les quais, parce que j’ai appris qu’il fallait passer par l’arrêt Chayamachi pour rattraper la ligne Uno qui va jusqu’à la station du même nom. Le changement à Uno pour prendre le ferry a été juste parce qu’à dix minutes près j’aurais pu le rater.

Finalement, tout s’est bien passé et j’ai pu arriver à l’heure sur l’île de Naoshima, une île spécialisée dans l’art contemporain. Diverses œuvres sont disséminées sur l’île et il y a plusieurs musées. Non pas que je sois fan de ce genre d’art, mais ce qui m’a fait choisir cette île plutôt qu’une autre c’est un truc tout bête. Une œuvre a été utilisée sur une couverture d’un livre que j’ai lu il y a longtemps et la photo m’avait tapé dans l’oeil, j’avais cru jusque-là que c’était un montage.

Bref, je n’avais pas spécialement préparé ma journée, j’avais lu que seulement un des musées était ouvert, le Benesse House, et j’étais curieux de savoir comment trouver les œuvres d’arts en extérieur. Du coup, en arrivant je suis allé prendre un plan, je me suis rendu compte que ça serait pas vraiment possible de faire le tour de l’île à pied et que ça serait compliqué de base d’aller loin.

En voyant le seul bus se remplir, j’ai tout de suite abandonné cette option et en allant voir les deux œuvres d’arts du coin, je commençais me faire l’idée de ne pas faire grand chose à défaut d’avoir mieux. Cependant en voyant les cyclistes se balader dans les environs, j’ai commencé à penser à cette option que j’avais pas vraiment en tête parce que je n’en ai pas fait depuis une dizaine d’années et je ne pensais pas m’y remettre de cette façon.

Finalement en voyant les prix, je me suis dit que ça valait le coût d’essayer et qu’au pire, si j’arrivais pas à récupérer mes réflexes, je le ramènerais. Après quelques questions, j’ai opté pour un vélo électrique et j’ai franchement bien fait de faire ce choix.

Fébrile, j’ai enfourché le vélo pour longer lentement la côte sud de l’île. Je vais pas vous le cacher, j’ai vraiment eu peur au début. Je craignais les virages où j’avais du mal à tourner tellement je n’arrivais pas à trouver à trouver un bon équilibre pour ne pas avoir l’impression de tomber. Je me suis aligné sur le rythme des trois personnes qui étaient devant moi pour commencer à me refaire la main avant de continuer de mon côté. La route était plutôt plate au début et après ça s’est corsé. Le moteur aidait quand même, mais il faisait clairement pas tout le boulot.

Je suis arrivé au bout d’un moment devant le Musée Chichû Art et à ma surprise, il y avait quelqu’un du staff devant l’entrée. Elle m’a indiqué où il fallait acheter son ticket, puisque pas vraiment au même endroit que le musée (j’y ai même trouvé un parking à vélos).

Le musée est séparé en quatre parties, avec dans chacune une chose à faire et une personne mise en avant. J’ai commencé sans le savoir par celle de Tadao Ando, qui a fait l’architecture du musée, avec des murs gris en béton (très froid selon moi) et dont la « salle » se trouve en extérieur. C’est une cour en triangle avec au sol des pierres placées de façon à épouser la forme de cette cour.

J’ai enchaîné avec la salle Walter de Maria où il y a deux séries d’escaliers avec en son centre une sphère et plusieurs séries de trois blocs rectangulaires placées à différents endroits de la pièce. Ensuite je suis remonté à l’étage du dessus pour faire la salle James Turrell. Là c’est une expérience assez spéciale que l’on nous fait faire. Après s’être déchaussés, on nous place devant un escalier pour nous faire monter devant un miroir tellement lumineux que l’on y voit que du blanc. On nous demande ensuite d’avancer. Le miroir était en fait un accès à une salle très lumineuse. On nous fait avancer loin dans cette salle et on doit se retourner pour voir d’où l’on vient. Un grand néon bleu entourant l’accès à la salle que l’on a prit. Enfin la dernière salle est la salle Claude Monet. Une salle où sont simplement exposés quelques uns de ses tableaux abstraits, représentants des marécages.

J’ai dit que j’étais pas un spécialiste d’art contemporain, mais je n’en suis pas aussi spécialement fan. Le musée ne m’a pas fait changer d’avis dans le sens où je ne me suis pas extasié devant le moindre détail et je pense être passé à côté de certaines choses. Je ne suis pas non plus déçu. J’ai apprécié les jeux de trompe l’oeil sur certaines œuvres et sur les lieux pour la partie Ando.

 

J’ai poursuivi ma route pour arriver sur les plages de Tsutsuji-So, j’ai pu y trouver la fameuse citrouille géante que j’avais vu sur l’une des séries de nouvelles de Yoko Ogawa (je m’y suis fais prendre en photo par quelqu’un qui me l’a demandé avant que je me décide moi-même). Je me suis aussi dirigé à pied vers le musée Benesse House, mais voyant que c’était long et que ça me fera refaire de la côte en rebroussant chemin, j’ai préféré abandonner et revenir vers la plage pour aller manger.

En reprenant la route, j’ai senti que j’avais bien plus d’assurance sur le vélo et la route étant beaucoup plus plate, ça m’a permis d’apprécier un peu plus la balade, qui me faisait remonter vers le nord, toujours en longeant la côte. Je me suis aussi permis de sillonner les rues du village où je suis passer avant d’arriver à Honmura où j’ai trouvé un parking à vélos sous une des œuvres d’arts, ce qui m’a permis de découvrir ce petit village, d’aller voir un temple et un sanctuaire et de visiter le Musée sur Tadao Ando, qui est aussi responsable de la construction des autres musées de l’île et des œuvres d’arts extérieures. La visite n’était pas spécialement passionnante puisque le musée est là pour raconter sa vie.

Une fois cela fait, plutôt que de partir vers le nord, j’ai fait le choix de continuer sur la plaine au centre de l’île pour revenir à mon départ. J’en ai profité pour traîner un peu en route dans les petites rues pour revenir à Miyanoura et rendre le vélo après avoir poursuivi un peu ma balade. Enfin, je suis revenu vers le terminal à ferry, en faisant un détour pour me prendre une glace (le temps étant toujours caniculaire) et je suis revenu sur les terres pour rentrer à Okayama.